Les troubles de la réfraction

L’astigmatisme

Il ne s’agit pas d’un problème de taille de l’œil mais d’une anomalie de courbure de la cornée (le hublot transparent de l’œil)  et parfois du cristallin. Il en résulte une vision souvent floue à toutes les distances. L’image d’un point se fait de manière dédoublée ce qui peut entrainer la confusion préférentielle de certaines lettres : E et B, H et M, 8 et 0 …

L’astigmatisme est souvent comparé pour la compréhension à la forme d’un ballon de rugby (système astigmate) à celle d’un ballon de football (système stigmate)

L’astigmatisme est souvent associé aux autres anomalies que sont l’hypermétropie et la myopie.

L’astigmatisme peut être régulier et la correction par les moyens classiques est alors habituelle. Il peut être irrégulier et lié à une cicatrice ou une déformation pathologique de la cornée essentiellement. Il est particulièrement important à dépister par des moyens d’analyse particuliers (topographie) en préopératoire de chirurgie réfractive car il peut être révélateur d’une fragilité pouvant contre indiquer l’opération.

L’hypermétropie

L’hypermétropie est un défaut de vision lié à la diminution de la taille de l’œil par rapport à la moyenne (diminution du diamètre antéropostérieur inférieur à 23mm), elle peut être aussi liée à une diminution de la courbure de la cornée avec un excès d’aplatissement.

Il en résulte en excès de divergence et l’image se forme nette en arrière de la rétine ayant pour conséquence une vision floue plutôt de près. Cependant, à la différence de l’œil myope, l’œil hypermétrope est capable de corriger spontanément une partie de son défaut par un phénomène actif d’accommodation. Cette capacité est d’autant plus forte que le patient est jeune. Elle nécessite un effort musculaire involontaire qui peut diminuer au cours de la journée si la vision de près est très sollicitée (ordinateur, lecture…) induisant des phénomènes de fatigue visuelle.

L’hypermétropie peut exposer à un risque supérieur de glaucome par fermeture de l’angle

La myopie

La myopie est un défaut de vision lié à l’augmentation de taille de l’œil par rapport à la moyenne (augmentation de son diamètre antéropostérieur supérieur à 23mm), elle peut être aussi liée à une augmentation de la courbure de la cornée modifiant sa puissance réfractive. Elle peut apparaitre ou augmenter lors de l’évolution d’une cataracte chez les patients plus âgés, il s’agit alors d’une modification de l’indice de réfraction du cristallin, la taille et la courbure de l’œil ne se modifiant pas.

Il en résulte un excès de convergence et l’image se forme en avant de la rétine ayant pour conséquence une vision floue de loin. Les myopes peuvent cependant voir de près en approchant l’image de leur œil sans correction.

La myopie expose, d’autant plus qu’elle est forte, à des complications spécifiques. Il s’agit par définition des yeux dont la longueur axiale (diamètre antéropostérieur) est supérieure à 26 mm, ce qui correspond environ à une myopie de -6 et plus. Les risques sont une augmentation de la fréquence des décollements de rétine, du glaucome à angle ouvert, de formes particulières de dégénérescence de la rétine, de cataracte plus précoce…

La presbytie

il s’agit d’un défaut visuel apparaissant avec l’âge et rendant compte de la perte progressive de l’accommodation, empêchant une bonne acuité visuelle de près. Elle se révèle après 40 ans et survient chez tout le monde, s’ajoutant  au défaut visuel initial. La presbytie s’accentue avec le temps entre 40 et 60 ans ou le défaut visuel se “stabilise”, la correction optique doit être modifiée tous les 2 à 3 ans.
Ce défaut visuel est maintenant accessible, dans certains cas, à un traitement chirurgical qui sera personnalisé en fonction de l’âge, de l’amétropie initiale soit par laser (presbyLASIK ou monovision) soit par implants multifocaux avec l’extraction du cristallin clair. Il faut savoir que, comme toute chirurgie, ces traitements comportent une part d’aléa …